| fondements & attitude
Une approche globale, évolutive, généraliste, transdisciplinaire, pédagogique et engagée
Nous sommes paysagistes, sans spécialité. Nous n’aspirons d’ailleurs à aucune spécialité.
Si nous empruntons à l'urbaniste, à l'écologue, au sociologue, au jardinier, et à bien d'autres encore certains outils et savoirs, nous ne nous revendiquons comme tels. Nous refusons toute imposture en la matière.
Nous prônons volontairement une approche globale et évolutive du paysage, généraliste et transdisciplinaire, pédagogique et engagée.
Globale et évolutive
Aux définitions qui sont faites du paysage, nous nous retrouvons et empruntons généralement celle donnée par le Larousse agricole (1), qui le définit comme la résultante de l'activité de l'homme sur le milieu qu'il occupe, au cours d'un temps donné. De là, en tant que paysagistes, nous pensons que toute action menée sur le territoire impacte, façonne et modifie les interactions et les interrelations entre l’homme et son environnement. Ceci reste valable quelles que soient l’époque, la nature du lieu (milieu urbain, rural ou semi-naturel) et son étendue (de l’échelle du jardin à celle du territoire). Entre la grande et la petite échelle, nous ne faisons pas de différence de considération. Nous lions les deux, entre elles, et au temps.
Généraliste et transdisciplinaire
Nous sommes des paysagistes touche-à-tout. Nous nous plaisons à l’être. Nous nous épanouissons comme cela. Nous revendiquons une culture généraliste du paysage.
Aussi, plus que le terme de pluridisciplinarité, nous préférons celui de transdisciplinarité.
Pour nous, l’étude et le projet de paysage sont transdisciplinaires, dans le sens où ils conjuguent et font communiquer des disciplines complémentaires bien souvent cloisonnées.
C’est à force d’expériences et d’expérimentations dans des contextes toujours rattachés aux notions de territoire et de lieu, que nous estimons nécessaire et indispensable la considération du projet par entrées multiples : urbanisme, architecture, art, histoire, écologie, géographie, politique, économie, jardinage, bricologie (2)...
Nous savons par ailleurs nous entourer des compétences que nous n’avons pas pour donner la réponse la plus adaptée, et surtout la plus résiliente (3).
Pédagogique et engagée
Parce qu’il nous semble parfois préférable de ménager des lieux, plutôt que de les aménager ou de les sur aménager. Parce que les projets que nous imaginons sont le plus souvent simples, sans surenchère, par souci de lisibilité et d’économie de moyens. Parce que pour nous, la réussite d’un projet dépend surtout de l’appropriation qui en sera faite par ses usagers. Parce que notre démarche est tout autant respectueuse de l’ordinaire que de l’extraordinaire. Parce que nous oeuvrons majoritairement dans des contextes où il n’est nul nécessaire de se mettre en avant par l’acte du projet. Enfin, parce que nous sommes souvent là où on ne nous attend pas. Pour tout cela, nous nous devons de communiquer et d’agir avec pédagogie.
C’est ainsi, et avec cette philosophie de la pratique paysagiste, que nous nous adressons à nos commanditaires, de l’élu à l’habitant, du technicien à l’usager des lieux.
Cette pédagogie, et tout ce qui fonde notre approche du projet, nous en faisons la basse continue de notre travail, à l’intérieur de l’Atelier Altern, comme à l’extérieur.
Cette action se décline par ailleurs sous forme d’intervention en milieu scolaire et universitaire, et pour l’un d’entre nous, plus spécifiquement dans le cadre d’un atelier de projet urbain, s’adressant à des étudiants paysagistes de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et du Paysage de Lille.
Nous sommes par ailleurs membres actifs de la Fédération Française du Paysage depuis notre installation.
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(1) "paysage : résultante, au cours du temps et sur un espace donné, des interactions des composantes du milieu naturel (végétation, faune, géomorphologie, relief, pente, exposition, hydrographie, couverture pédologique, roche) et des activités humaines (cultures, agglomérations, réseaux ferré, routier, parcellaire, etc.). Il résulte de ces interactions des unités organisées dont on peut définir les relations spatiales, sémantiques et temporelles." in Larousse agricole, édition 2002.
(2) bricologie : terme formé par la composition des mots bricolage et logos (en grec, qui signifie l'étude, la science). Ce néologisme, nous le définissons librement comme la science relative à la fabrication de projets adaptés à partir d’outils et de moyens limités.
(3) la résilience étant - en écologie des milieux - la capacité d’un écosystème à récupérer un fonctionnement normal après avoir subi un traumatisme (ex : tempête, sécheresse, inondation, attaque de ravageurs, etc.). S'il ne revient à son état d'équilibre, l'écosystème résilient réagit au contraire de manière souvent positive, créatrice, grâce à de multiples changements et réajustements.
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